Analyse_opinion.jpg Je ne parviens pas à me réjouir, lorsque cet après-midi du 11 septembre 2001, le RPR m'appelle pour m'annoncer qu'il donne suite à ma candidature. Au même moment, je suis en train d’assister à un cauchemar sur toutes les télévisions du magasin Darty de Nation, à Paris. Un deuxième avion vient de percuter la deuxième tour du World Trade Center à New York. Comme si j’ai besoin d’un tel événement pour ne pas oublier que j'entre dans le parti dont tout le monde parle, celui des emplois fictifs! Malgré ce coup de semonce, j’ouvre tout de même une nouvelle page de ma vie, au grand dam de mes amis.

J’entre donc comme rédacteur du site Internet du RPR, puis de l’UMP. Seulement, l’expérience ne dure pas très longtemps. Je ne pensais pas que le métier de journaliste serait aussi difficile à mettre en sommeil. Au bout de deux ans, à peine, je commence à me dire que "je ne vais pas pouvoir rester longtemps ici". Pour autant, je ne sens pas prêt pour partir, enfin pas encore. Dans cet environnement dominé par l'irrationnel, je cherche alors un moyen de me rapprocher de la réalité, au moins de celle de mon pays.

Je découvre un domaine qui n'a pas encore été exploité, hormis par les sondages, celui de l'analyse de l'opinion. Très rapidement, je demande à changer d’affectation. Je me mets à l'écoute des gens, d'abord au téléphone. Mais, ce sont les mails reçus à l'UMP qui m'intéressent particulièrement. Nous sommes en 2003, ils commencent à entrer dans le quotidien des Français. Les mails ont l'avantage de parvenir aussi rapidement qu'un coup de fil et surtout plus vite que le courrier. Je propose d'en faire une synthèse hebdomadaire à partir de laquelle on peut tirer une analyse très précise de l’opinion, pour le secrétaire général. J'ai, entre mes mains, une sorte de baromètre de la colère.

On me laisse affiner ce travail d’analyse, bien moins coûteux qu’un sondage, pendant 7 ans. Jusqu’au jour où je dois admettre ce que je me suis toujours refusé: L’analyse objective de l’opinion, c'est-à-dire mon travail, dérange le parti au pouvoir, sauf en période électorale où il en est friand! Le reste du temps, c'est comme ça l'arrange. Je ne parviens plus à continuer à travailler dans ces conditions quand ce n'est pas la médiocrité que je ne supporte plus.

Je trouve enfin la force de partir pour me débarrasser de cette image de serviteur volontaire qui ne me correspond pas.