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Le Festival de théâtre de Saint Barth prend son rythme de croisière. Il devient une de ses empreintes culturelles, la « bouffée d’air », disent certains îliens. Mais, les apparences sont trompeuses. Qui peut imaginer que son organisation ne tient qu’à un fil, qu’elle n’existe que par la bonne volonté ? Doit-on rappeler que SB Artists ne verse pas le moindre salaire ? Des acteurs invités aux techniciens en passant par l’ensemble de l’organisation, chacun donne de sa personne, le temps d’une soirée, d’une ou plusieurs semaines, voire toute l’année. Certes, on peut considérer que le bénévolat est une noble cause, mais il a ses limites, un paradoxe presque dérangeant sur cette île, qui pourtant, vu de métropole, paraît ne manquer de rien et surtout pas d’argent.

L’heure est à la mobilisation générale, de faire savoir que l’avenir du théâtre à Saint Barth n’est pas assuré. Le débat (1) de clôture du 13ème Festival a permis aux participants de prendre conscience du risque que tout peut s’arrêter du jour au lendemain. Les mises en garde de Nadège Emmanuellian, au début de chaque représentation, ne sont pas de simples vociférations, comme certains veulent sans doute le croire. Ce sont des appels à l’aide ! Je regrette que les élus de cette île ne les entendent pas. Il est évident qu’en n’étant pas présente, ni à l’inauguration, ni aux représentations, en ne venant pas rencontrer les artistes, la Collectivité les ignore.

Il ne faut donc pas s’étonner que le Théâtre du Paradis ne figure toujours pas dans « bons plans » des Saint Barth. Un comble ! Qu’on se le dise, le Paradis existe bien et doit être enfin représenté sur le plan en papier glacé de l’île, au même titre que les bâtiments publics, les restaurants et les banques.

Le théâtre de Saint Barth a besoin de votre soutien pour assurer son avenir. Pour repousser le danger qui le guette, son organisation, déjà très expérimentée, doit être professionnalisée. Il a besoin d’une assise financière pérenne digne de son île. Le temps est venu de proposer des spectacles, pour tous, pour toutes les bourses et plusieurs fois par an, d’accueillir des créations pour faire de Saint Barth un lieu de passage paradisiaque et incontournable du spectacle vivant.

(1) Le premier débat consacré aux enjeux du Festival de Théâtre de Saint-Barth a eu lieu le dimanche 25 mai 2014 au théâtre de Gustavia, en compagnie des invités de la 13 ème édition:

Antoine Duléry "Fait son cinéma (mais au théâtre)",
Yves Marc "Ce corps qui parle",
Ali Bougheraba "L'odyssée de la moustache",
Raoul Fernandez & Julien Touati "Tango Gardel",
Michelle Kokosowski, universitaire et maître de conférence

Site Internet du Festival de théâtre de Saint Barthélemy