Orthographe.jpg Je ne reçois jamais de réponse de la société de téléphonie mobile à qui je reproche plus une incitation à faire des fautes qu’une démarche d’information à destination d’un jeune public. En revanche, le ministère de la Culture me répond, un an après ! Mieux vaut tard que jamais… Voici un extrait de sa longue explication de deux pages : « La loi du 4 août 1994 relative à l’emploi de la langue française ne vise pas à prescrire la qualité de la langue française, mais impose sa présence, sans exclure celle d’autres langues, dans un certain nombre de circonstances où son usage est nécessaire pour protéger et informer les citoyens. »

Sachant qu’on ne prend plus le temps nécessaire de relire ou de faire lire ce qu’on écrit, quand ce ne sont pas les relecteurs qu’on a du mal à trouver, il y a matière à s’inquiéter sur l’avenir de notre langue. Et, ce n’est qu’une partie du problème. Dans la course au toujours plus vite, certains mélangent le français avec les mots « texto », lorsqu’ils ne rédigent pas entièrement de cette manière ! J’ai été amené à le constater, quand je lisais les messages envoyés par les Français à l’UMP, alors que ce parti politique était au pouvoir de la France. Je ne parvenais pas à savoir si ces personnes écrivaient comme cela pour correspondre plus vite ou parce qu’elles ne savaient pas écrire correctement.

J’ai pris acte que ce n’est pas la loi qui règlera la qualité de la langue française. Effectivement, personne ne peut nous obliger à ne pas faire de faute d’orthographe, sauf à nous faire prendre conscience de l’image que l’on donne.

Une seule retient notre attention de nos jours, l’apparence physique, qui a encore de beaux jours devant elle. Alors, il n’est pas si sûr que, du langage texto, on puisse « espérer que les usagers finiront par se lasser d’être pris pour des déficients mentaux », me répond l’Académie française, juin 2001.

Pourtant, laisser faire, c’est faire.

Le langage texto vient appauvrir un peu plus la langue française. « m.d.r. » (*)...

Le français poursuit sa tendance à être relégué au second plan. Il y a donc lieu de s’interroger suite à l’enquête du cabinet de recrutement Robert-Half qui, en 2010, demande à 2400 responsables des ressources humaines, financiers ou dirigeants issus de treize pays, leurs critères d’appréciation des CV qu’ils reçoivent. « Leur constat est instructif, écrit le Figaro.fr. Si pour 37% des Allemands, 23% des Italiens ou 18% des Espagnols, une seule faute d’orthographe est rédhibitoire, seuls 5% des Français jettent dans ce cas le CV à la poubelle. Quelques 20% des recruteurs français attendent même de détecter cinq fautes pour s’en débarrasser, un score qui les positionne parmi les plus tolérants. Et 18% affirment que le critère de l’orthographe n’a « aucune importance pour eux » ! ». Que feront ces employeurs quand leur futur salarié devra rédiger des courriers au nom de leur société ?

Malheureusement, le pouvoir n’est pas en reste, loin de là. Le communiqué de la présidence de la République, à l’occasion de la mort de Danielle Mitterrand, est une illustration flagrante de cette triste réalité. La presse n’a pas manqué d’y faire remarquer pas moins de cinq fautes d’orthographe. En terme d’image, « peut mieux faire »...

Pour autant, rien n’est inéluctable à condition d’en prendre conscience.

C’est une question d’éducation. Elle nous concerne tous.

(*) m.d.r. - Mort de rire – (en langage texto)