Etienne_de_La_Boetie.jpg Avec le temps, les vieilles habitudes reprennent. « Si toutes les choses deviennent naturelles à l’homme lorsqu’il s’y habitue, seul reste dans sa nature celui qui ne désire que les choses simples et non altérées. Ainsi la première raison de la servitude volontaire, c’est l’habitude ».

L’habitude nous fait perdre peu à peu notre audace. Elle nous fait baisser les bras progressivement et nous laisse penser que le combat ne nous concerne plus. L’habitude nous fait entrer dans un processus de soumission à un pouvoir, une autorité ou encore une personne.

Souvent, le serviteur volontaire ne se rend pas compte de son statut.

Il laisse l’autre décider à sa place.

Il s’accommode de tout.

Il se contente de peu.

Il perd, petit à petit, sa capacité à pouvoir dire franchement ce qu’il pense.

Il ne cherche plus à comprendre qui il est.

Il n’est plus libre de lui-même.

Il ne fonctionne que par le « oui » et prend le risque de devoir tout accepter.

Il vit au travers d’autrui.

« Les gens soumis n’ont ni ardeur, ni pugnacité au combat. Ils y vont comme ligotés et tout engourdis, s’acquittant avec peine d’une obligation ».

Le serviteur volontaire ne décide pas.

Il écarte toute forme d’épanouissement et de remise en question personnelles.

Le serviteur volontaire est responsable de son propre statut quo. La somme des serviteurs volontaires, qui compose une société, engendre donc cette impression que les choses n’avancent pas.

La Boétie voit deux explications au fait qu’on entre dans un processus de servitude : « Pour que les hommes, tant qu’ils sont hommes, se laissent assujettir, il faut de deux choses l’une : ou qu’ils soient contraints ou qu’ils soient trompés »

« » Extraits du Discours de la servitude volontaire, d’Etienne de La Boétie