Etienne_de_La_Boetie.jpg « Au commencement, on sert contraint et vaincu par la force. Mais les successeurs servent sans regret et font volontiers ce que leurs devanciers avaient fait par contrainte. Les hommes nés sous le joug, puis nourris et élevés dans la servitude, sans regarder plus avant, se contentent de vivre comme ils sont nés et ne pensent point avoir d’autres biens ni d’autres droits que ceux qu’ils ont trouvés. Ils prennent pour leur état de nature l’état de leur naissance ».

L’histoire se répète, comme celle de notre propre existence. Qu’on le veuille ou non, la vie nous représente sans cesse ce qu’on n’a pas réglé ou ce qu’on ne veut pas voir. Pourtant, l’histoire, comme notre vie, nous apporte en permanence des évènements qui peuvent nourrir notre réflexion et nous amener à faire évoluer nos propres comportements. Parce qu’on n’a pas d’autre choix que de devoir évoluer avec son temps.

Parfois, on ne voit pas ce qu’on devrait voir, mais souvent on ne veut pas prêter plus d’attention que cela, à ce qui nous entoure. On refuse de se confronter à se qui fâche et on se construit sa réalité qui, peu à peu, s’éloigne de LA réalité. On fait le choix de demeurer dans le statu quo, par peur de l’inconnu, plutôt que de prendre la voie de l’évolution, autrement dit de décider de changer soi-même.

Au fil du temps, la servitude volontaire entre dans une forme de normalité. Elle devient naturelle. Comme si c’était quelque chose d’inéluctable.

« » Extraits du Discours de la servitude volontaire, d’Etienne de La Boétie